Natif des Antilles, le saxophoniste français ne joue pas tout à fait la musique traditionnelle guadeloupéennes, celle des tambours gwo ka. Il n'est pas non plus un jazzman droit dans ses classiques.
Avec l’album « Soné ka la » il s’aventure entre deux musiques, deux esthétiques, deux héritages. Jacques Schwarz-Bart vit et travaille aux Etats-Unis. Il a joué avec Roy Hargrove, MeShell N’Degeocello, D’Angelo ou Danilo Perez, avec les Cubains Chucho Valdes ou «Anga» Diaz, avec Mario Canonge. Son père écrivain (André S-B) fut prix Goncourt 1959. Sa mère (Simone S-B) est une personnalité majeure des lettres antillaises. Ce sont eux qui l’ont conduit, enfant, à entendre le gwo ka.
«Le gwo ka porte des émotions que je n’entends pas dans les autres musiques créoles, une gravité, une tristesse… La rencontre entre les morts et les vivants».
Louis Sclavis et Henri Texier ont une nouvelle fois rejoint Aldo Romano sur ce projet inspiré par les images marquantes de Guy Le Querrec. Des photos disponibles à l’intérieur du magnifique livret d’«African Flashback». Cet album paru en 2005 achève ainsi un fameux triptyque (voyage?) démarré 15 ans plus tôt. Si les clichés sont en noir et blanc, la musique est riche en couleurs. Le trio star délivre ici 13 compositions impressionnistes où se retrouvent, dans une moiteur tropicale fantasmée, clarinette, saxo, guitare (Aldo au manche!), batterie et contrebasse. Ce nouveau répertoire révèle un subtil mélange de pulsations récréatives ou lumineuses «Berbère», «African panther 69» et de douceurs fêlées propices à la réflexion «Dieu n’existe pas».
Un nomadisme cérébral.
Vous retrouverez ce soir là l'atelier de Jean-Louis ALMOSNINO du Conservatoire de Lyon.
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